JULIE SUSSET //

Elodie Bernard
(Regard B, commissaire d’exposition et directrice artistique) pour La peau de l’ours, Bruxelles, Avril 2018

Dans une palette reconnaissable de couleurs vives et de verts dominants, Julie Susset superpose et fait dialoguer des souvenirs de natures qu’elle s’invente. Parcs, serres tropicales, arbres qui bordent les rues, sont tout autant de natures construites et ordonnées par l’Homme dont la jeune peintre s’empare. Comme une nécessité, la peinture s’est imposée à Julie Susset. Autodidacte, elle a recommencé à peindre lorsqu’elle était à Paris et a trouvé en ces représentations végétales comme un souffle nouveau. Un besoin de s’évader, un besoin de retour aux choses simples, qui nous laisse entrevoir le côté anxiogène que peuvent avoir les très grandes villes sur la création artistique. Dans des all over où la peinture jaillit, coule, s’étire, il est question de matière, de couleur et surtout de gestes. Dans une grande liberté offerte par le médium qu’est la peinture, Julie interroge les fantasmes, la façon dont notre imaginaire les construit et parfois sature de cette idéalisation.

ALALOBA (A la lova)

EXPOSITION PERSONNELLE au sein de la Triptyque Galerie
du 6 juin au 8 juillet 2025

Introduction à l’exposition : Avant de vous présenter Alaloba (A la Lova), je dois tout d’abord, réactiver vos souvenirs et vous parler de la performance de Julie Susset du 15 août 2024. Cette performance nous a réunis dans une intention complètement spontanée. Comme un 1er souffle, cet événement était l’amorce de l’exposition pour laquelle nous nous sommes réunis du 6 juin au 8 juillet 2025. C’est un projet que nous avions envie de vous proposer en amont afin de sensibiliser au travail de création d’une toile et de l’exposition qui en découle, cet instant où toute la dimension de l’artiste prend son sens.

Les 2 toiles peintes in situ et accrochées sur les murs du marché de la chaume ont été les préliminaires d’Alaloba, certains chanceux ont eu le privilège d’avoir un petit morceau de ce travail lors de la découpe de la 1ère toile. La seconde toile, a été le point de départ du SoloShow de ce soir. Vous retrouverez d’ailleurs certaines parties qui ont été refaçonnées et travaillées pour l’exposition, y compris les minis formats, morceaux d’un ensemble.

Alaloba (A la lova), le solo show, que nous vous présentons au sein de la Triptyque Galerie est l’aboutissement d’1 an de travail et de plus de 2 années de processus créatif et de strates de vie, et bientôt, 5 longues années depuis notre rencontre, où nous nous sommes dits qu’un jour notre exposerions ensemble. Bref, une somme d’émotions à mettre en couleur.

Alors, Alaloba, qu’est-ce que c’est ?
Alaloba, c’est l’histoire d’une énergie. Une énergie combative, conquérante, résiliente.

Ça pulse, ça vibre, ça déborde de couleurs. Cette créativité, improvisée, mais travaillée, relève de l’instinct et de l’instant. Ce que Julie Susset ne dira pas avec les mots, elle le peint, à la manière d’une danse, de gestes qui relèvent du partage. Le partage du grand, de quelque chose qui nous dépasse. Les proportions sont à l’image de l’énergie qui fourmille, se mesurer à ce qu’on ne maîtrise pas. S’adapter encore et toujours.

Ça met une claque, ça bouscule, et c’est tout l’art d’être vivant. En chacun de nous, il y a ce côté primitif, instinctif, que nous domptons à hauteur de la société dans laquelle nous vivons. Julie, se laisse la liberté de l’exprimer, ses toiles sont des amazones en route dans une bataille pour le partage, pour le naturel, pour le vivant, une ode aux femmes, aux puissantes, aux fragiles, aux combattantes de tous les instants et de toutes les guerres, pour la paix, pour le partage. J’y vois l’énergie de grandes femmes. L’énergie de celles qui insufflent aux autres.

Certains traits se dessinent sous l’impulsion de ces lignes colorées. À vous de chercher, d’imaginer. C’est un univers dans lequel il faut entrer au-delà de l’abstraction et oublier le rationnel.

Tout fait sens, in fine

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